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Mon premier ouvrage est dû au hasard. Monsieur CADIOU, bouquiniste à Moulins (03) (L’écho du passé – 28 Place de la Liberté), me contacte un jour pour m’informer qu’il a récupéré toute la correspondance d’un poilu qui a eu la « chance » de traverser dans son intégralité le premier conflit mondial. J’acquiert ses lettres et démarre un long et fastidieux travail de lecture et de tri par année. Puis, peu à peu, germe en moi l’idée de retracer l’histoire de cet homme, des batailles auxquelles il a participé, ses peurs, ses conditions de vie… Oui, vraiment, le soldat Henri B. a dû avoir souvent le coeur au bord des larmes:

« Le Poilu, il aurait bien voulu être ailleurs pendant la bataille. Mais il fallait qu’il y aille car, les gens qui cultivent la terre ou simplement la respectent, c’était leur devoir de la défendre. Le brave Poilu attendait avec angoisse le moment où l’assaut serait donné. Il avait le choix entre deux types de balles. Celles du soldat Allemand, et celles tirées dans le dos par son propre camp.

Nous avons vécu quatre années de douleurs profondes et intenses, de promiscuité irrespirable,  avec des conditions de vie innommables. Nous avons bien eu de la misère, et bien de la peine à la supporter. Nous avons souffert de bien des manières : de la faim, de la soif, du froid, de la chaleur, de la maladie, de la peur… Nous n’avons pas toujours bien dormi. Les rats nous mordaient pendant notre sommeil. Les poux et les puces nous démangeaient.

Nous étions sales. Nos habits étaient en lambeaux. Nous pataugions dans une boue de glaise, épaisse, collante dont il était impossible de se débarrasser et qui attaquait en plus notre système nerveux. Cette guerre nous est vite apparue à tous comme une infâme et inutile boucherie.

Nous avons souvent, le long des routes, traîné nos pauvres pieds écorchés. Nous avons perdu notre sueur à grosses gouttes sous le poids de notre sac qui était si lourd. Nous avions l’impression de porter notre croix. Quelquefois, dans les côtes, nous portions les sacs des autres afin de leur apporter un peu d’aide, même si nous-mêmes étions épuisés.

Pour quitter cette horreur, il fallait avoir perdu un bras, un pied ou être devenu impotent. Ces malheureux estropiés, que les civils ont regardés d’un air dédaigneux à leur retour, n’ont même pas eu droit à la croix de guerre pour les dédommager d’un membre en moins. Certains allaient jusqu’à se mutiler pour échapper à cette vie.

La terre elle-même était bouleversée, brûlée. Le paysage n’était plus que champ de ruines. Des centaines de milliers d’hectares se retrouvaient calcinés par les pilonnages d’artillerie. Ajoutons à ce noir  tableau des villes entières rayées de la carte, des paquebots coulés avec femmes et enfants, des populations civiles affamées par le blocus, les famines, les épidémies. N’oublions pas non plus l’interminable cohorte des soldats déchiquetés par les obus, criblés de balles, ou gazés comme la vermine.

Nous avons participé à des offensives à outrance qui ont toutes échouées sur des montagnes de cadavres. Ces incessants combats nous ont laissés exténués et désespérés. Partout des morts ! Un désastre. Un véritable charnier s’étendait à nos pieds. Nous devions enjamber des corps désarticulés pour ne pas tomber. Le champ de la bataille nous donnait la nausée.

Il importait juste d’aller de l’avant, de courir, de tirer et partout les soldats tombaient en hurlant de douleur. Parfois, perdu dans le brouillard, le fusil à l’épaule, j’errais, la sueur dégoulinant dans mon dos. Le courrier était le seul gage d’amour et d’espoir qui nous encourageait à tenir. »

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L’idée de mon second livre est elle aussi venue un peu par hasard. Créateur du site http://www.randos-allier.com (que je vous invite à consulter ainsi que la page Facebook qui en découle), je préparais la présentation de la Montagne Bourbonnaise. Plus j’avançais dans la découverte de cette région, plus je me disais qu’il fallait la mettre en avant, tant l’histoire était partout derrière les arbres, dans les vestiges des châteaux, dans le patrimoine rénové, dans les musées.

Ses paysages sont tout en courbes, douces et riches, qu’on voudrait caresser de la main comme on les caresse de l’oeil. Territoire préservé, la Montagne Bourbonnaise reste mystérieuse et méconnue. Baignée par le calme et la verdure, une multitude de lieux et d’activités sont à découvrir.

Elle réserve de nombreuses surprises à ceux qui prennent le temps de la parcourir. Hors des sentiers battus, vous découvrirez le monde du beau, du bon, du curieux, de l’époustouflant.

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